Maxim Zmeyev est un artiste plasticien né en 1987 à Saint-Pétersbourg et installé à Marseille. À partir de la photographie in-game, il explore les environnements vidéoludiques comme des espaces sociaux, politiques et visuels où se construisent des images, des comportements, des identités et des formes d’appartenance.
Son travail prolonge une expérience antérieure du photojournalisme. Avant de se consacrer à une pratique artistique fondée sur la recherche, Zmeyev a collaboré avec des agences de presse régionales et internationales, dont Reuters et l’AFP, en couvrant des bouleversements politiques et sociaux en Russie et en Europe de l’Est. Diplômé de l’École Rodtchenko de photographie et de multimédia à Moscou en 2021, il développe depuis une œuvre située à la croisée de la photographie, des cultures numériques, de l’image documentaire et de l’installation.
Après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en 2022, il quitte son pays et s’installe en France, où il obtient le statut de réfugié.
Son travail a été présenté dans de nombreuses expositions et manifestations internationales, notamment au festival Getxophoto à Getxo, dans le cadre de l’Internationale Photoszene Cologne, au DongGang International Photo Festival et à la 1re Biennale internationale Art for the Future. Il a également été exposé en France, en Allemagne, en Espagne, au Royaume-Uni, en Italie, en Grèce, en Thaïlande et en Russie, et publié dans Der Greif, Float Photo Magazine, F-Stop et TIMES VII.
Ses œuvres sont conservées dans la collection du Multimedia Art Museum de Moscou ainsi que dans des collections privées européennes. En 2024, il a reçu le soutien de l’Atelier des artistes en exil et de l’Institut français.


Je travaille dans les jeux vidéo comme dans des villes, des archives ou des administrations régies par des logiciels. Ces espaces ne sont pas de simples décors à observer : ils attribuent des rôles, règlent les gestes, classent les corps, orientent les désirs et produisent leurs propres images avant même que je les photographie.
La photographie in-game est ma méthode d’enquête. J’extrais, remets en scène et déplace des images issues d’environnements vidéoludiques vers des formes matérielles : tirages, séquences, publications, installations, objets imprimés, protocoles d’exposition. Ce déplacement hors de l’écran ne cherche pas à rendre le virtuel plus réel ; il rend visible la manière dont ces systèmes produisent déjà du réel : identités, habitudes du regard, fictions historiques, modèles de consommation, formes d’appartenance.
D’un projet à l’autre, je m’intéresse moins au spectaculaire des mondes simulés qu’aux opérations discrètes qui les organisent : choisir un visage, habiter une parcelle, produire une preuve, consommer une image, suivre une instruction, prendre une photographie déjà anticipée par un personnage ou par une machine. C’est là que mon travail trouve sa matière : au moment où l’image cesse d’être une surface pour devenir une règle du jeu social.
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